Prévalence et déterminants de la neuropathie périphérique induite par la chimiothérapie au CHU de Treichville


Auteurs: 

KKY Kouassi, BA Odo, PGL Toure, YL Toure, MA Boena, NMP Mebiala, MKA Madiou, AF Sessegnon, AMBY Nogbou, H Agrigna, M Toure


Date de publication : 

31-Jul-2026

Résumé

Introduction : La neuropathie périphérique induite par la chimiothérapie (NPIC) est une toxicité fréquente des chimiothérapies cytotoxiques. Dans les contextes à ressources limitées, où les alternatives thérapeutiques sont restreintes, elle peut compromettre l’administration du traitement. Cependant, les données provenant d’Afrique subsaharienne restent rares. Nous avons réalisé cette étude afin d'estimer la prévalence de la NPIC et identifier les facteurs cliniques et thérapeutiques qui lui sont associés. Méthodologie : Nous avons réalisé une étude observationnelle rétrospective dans le service d’oncologie du Centre Hospitalier Universitaire de Treichville, centre de référence tertiaire à Abidjan, Côte d’Ivoire. Les patients adultes ayant reçu au moins un cycle de chimiothérapie cytotoxique entre janvier et décembre 2023 ont été inclus. La NPIC a été identifiée à partir des symptômes cliniques documentés et classée selon les critères du NCI-CTCAE version 4.03. Des analyses univariées suivies d’une régression logistique multivariée ont été réalisées afin de déterminer les facteurs prédictifs indépendants. Résultats : Parmi les 275 patients inclus au cours de la période d’étude, 114 ont développé une neuropathie périphérique induite par la chimiothérapie (NPIC), correspondant à une prévalence de 41,5 %. La majorité des neuropathies étaient de grade 1 ou 2 (95,6 %), tandis que des formes sévères ont été observées dans 4,4 % des cas. La chimiothérapie a été poursuivie sans modification dans 82,5 % des cas. En analyse multivariée, les facteurs suivants étaient indépendamment associés à la survenue de la NPIC : le diabète de type 2 (OR 4,87 ; IC à 95 % : 1,18–20,1), l’hypertension artérielle (OR 2,63 ; IC à 95 % : 1,14–6,05) et l’exposition à une chimiothérapie neurotoxique. Conclusion : La NPIC est fréquente mais généralement de faible gravité. Sa survenue semble être fortement influencée par les comorbidités cardiométaboliques, en plus de l’exposition aux agents neurotoxiques. Ces résultats suggèrent un rôle important de la vulnérabilité du patient plutôt que de la seule toxicité médicamenteuse. Une évaluation clinique simple des comorbidités pourrait aider à anticiper cette toxicité.

Mot-clés :

Neuropathie Périphérique Induite Par La Chimiothérapie ; Neurotoxicité ; Diabète ; Côte D’ivoire

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Volume 2 (2026)
Numéro 3
DOI 10.70065/2623.jaccrOncopal.001L013107
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